Un “écueil” : c’est-à-dire ?

 Quand on entreprend une création d’entreprise avec la réalisation d’un nouveau service ou la vente d’un nouveau produit, on vit cette réalité difficile et exaltante de l’entrepreneuriat. Mais l’entrepreneuriat n’a jamais été un long fleuve tranquille. . .

L’entrepreneuriat commence comme un torrent de montagne. L’énergie déborde et les premières actions sont exécutées rapidement. Tous les marins d’eau douce sont solidement accrochés à l’embarcation et l’aventure prend corps à chaque coup de pagaie. 

Dans les rapides, il faut faire attention aux écueils, ces petits rochers qui affleurent ou dépassent de la surface peuvent se révéler fatals pour la suite de la descente. 

Premier grand écueil : la désirabilité

Bâtir une proposition de valeur dont personne ne veut est le premier et le plus grand écueil de l’entrepreneuriat. 

Bien sûr, vos proches, vos amis et même des soutiens/partenaires professionnels vous encourageront au début. Ils vont diront que c’est une idée intéressante, qu’elle vaut le coup, qu’il y a effectivement quelque chose à essayer. Certains vous le diront par politesse, d’autres par envie de vivre eux-mêmes une aventure entrepreneuriale, d’autres croiront vraiment en vous mais les soucis du quotidien leur feront oublier assez vite leur enthousiasme des débuts.

Notre ciel s’est en quelque sorte illuminé lorsque nous avons constaté notre premier fan de notre service qui n’était ni un membre de la famille, ni un ami, ni un ami d’amis. Le fait que cette personne inconnue achète notre service et nous encourage à chaque publication fut une première modeste preuve de succès et surtout une immense source d’énergie. Cette personne se reconnaîtra et nous lui témoignons une nouvelle fois notre reconnaissance. 

Second grand écueil : la Traction

Une entreprise qui se lance avec un nouveau produit sur un nouveau marché, au mieux, commencera par créer une niche, au pire, s’assèchera à crier dans le désert. Croire aux effets de foule est aussi dangereux que de croire aux mirages.

Si au bout d’un an d’existence après le “Go-to-market” et de multiples tentatives pour faire entrer votre produit/service en résonnance avec vos utilisateurs, la traction n’est toujours pas suffisante, c’est mauvais signe mais pas encore perdu d’avance.

Il faut savoir se fixer un ultimatum, une date ultime pour provoquer cette traction avec suffisamment de portance sous les ailes pour décoller. Contrairement à ce qu’on m’a dit une fois, “tous les moyens sont bons pour atteindre vos cibles”, tous les moyens ne sont pas bons. Par exemple, perdre de l’argent pour juste communiquer sans rentrer dans ses frais ou gagner des utilisateurs est une fausse bonne idée. Il n’existe aucune formule magique, aucune recette miracle, aucune méthode infaillible pour créer la Traction.
Mais ce qui est sûr pour nous, c’est que la Traction :

  • ne tombe pas du Ciel;
  • ne se provoque pas totalement, elle se trouve, se développe, s’entretient;
  • ne repose pas sur un élément pivot de la stratégie mais sur une myriade d’initiatives plus ou moins prévisibles;
  • ne se décrète que par le flow continue et grandissant d’utilisateurs;
  • se constate très nettement par le fait de se faire pousser en avant par des courants forts : le marché et les utilisateurs.

Dernier grand écueil : la fatigue

L’essence même de notre vie entrepreneuriale, c’est notre énergie, notre passion. 

Tenter de durer en se consumant à grand feu, c’est une impasse très courte. Mettre toute son énergie dans une aventure entrepreneuriale, c’est un pari extrêmement risqué. Il vaut mieux sécuriser un revenu et chercher la Traction plusieurs années durant que de se laisser emballer dans une course folle comme un hamster dans sa roue qui ne peut plus s’arrêter.

Créer une entreprise à succès avec un chiffre d’affaire suffisant pour employer des collaborateurs et nourrir des familles est un défi du long terme. Tenir la distance, tenir la durée est une épreuve de lutte contre la fatigue, les déceptions, et tous les écueils qui rappellent qu’une aventure sans risque n’en est pas une.